lundi 6 février 2012

Collectif Vérité et Justice pour Jamal

 Conférence de Presse 8 février 2012 à 18h – Quartier du Luth (Gennevilliers)


Dans la nuit du 8 au 9 octobre 2011, Jamal (Ayr), 23 ans, détenu de la maison d’arrêt de Nanterre, meurt à l’hôpital. Il était en état de mort cérébrale depuis une semaine.

L’administration pénitentiaire affirme qu’il se serait pendu au Mitard avec un kit anti-suicide. Mais les résultats de l’autopsie et de la contre autopsie partielle ne font état d’aucune marque de strangulation autour du cou de Jamal. Elles révèlent en revanche la présence d’hématomes multiples aux chevilles, aux poignets, aux côtes, ainsi que sur le front.

Jamal attendait son jugement en appel, qui devait avoir lieu le 11 octobre 2011. C’était un jeune homme avec des projets et des espoirs.

Immédiatement après la mort de Jamal, sa famille et ses proches ont constitué le Collectif Vérité et Justice pour Jamal. Ils ont saisi la justice et organisé un rassemblement devant la prison de Nanterre, où se sont déplacés en nombre les habitants du quartier du Luth.

15 jours plus tard, se tient une marche qui part du quartier du Luth à la Mairie de Gennevilliers. Les jeunes du quartier de Jamal ont montré leur détermination et exprimé leur solidarité avec la famille de façon exemplaire, sans céder à la « tentation de l’émeute », malgré les insultes et provocations de la police.

Me Bouzrou, avocat de la famille, a déposé plainte pour homicide volontaire contre des surveillants de la maison d’arrêt, le 02 février 2012.

Des témoignages de détenus et de proches de Jamal indiquent la présence dans cette prison de surveillants qui exercent régulièrement des violences physiques sur les détenus.

Le Procureur refuse pour l’heure de communiquer à la famille la totalité des résultats de la contre-autopsie de Jamal. Le Collectif Vérité et Justice pour Jamal réclame que toutes les pièces de la contre-autopsie lui soient communiquées, afin de faire la lumière sur les circonstances exactes de la mort de Jamal, actuellement dissimulées.

Conférence de presse avec les interventions de : la sœur de Jamal, Me Yassine Bouzrou (avocat de la famille), Salah Zaouiya (A.F.L.I.D.D.), Rafik Chekkat (membre du Collectif Vérité et Justice pour Jamal) et des membres d’associations soutenant la famille et le Collectif.

Contact Presse : 06.60.81.50.50
Contact : justicepourjamal@gmail.com

Non à l’éducation répression !


Le nombre de centres éducatifs fermés (CEF) , de centres éducatifs renforcés (CER) et d’étabilissement pénitentier pour mineur, est en train de s’accroître.

Ce renouveau des structures d’enfermement des mineur.es s’inscrit dans un
renforcement sécuritaire généralisé : création de nouveaux délits et abaissement de
la responsabilité pénale pour les mineurs, peines plancher et rétention de sûreté,
généralisation du fichage ADN et de la vidéosurveillance, du contrôle biométrique
dans les écoles, harcèlement constant de la BAC dans les quartiers populaires et
rafles d ‘étranger.es dans les villes... Tout cela se mettant en oeuvre avec une
pression industrielle énorme puisque bon nombre d’entreprises misent aujourd’hui
leur essor économique sur l’écoulement de produits high-tech de contrôle social.

En plein boom depuis septembre 2001, omniprésente à la télé et au centre de tous
les enjeux politiques, la propagande sécuritaire déchaîne la peur des autres et
cherche à soumettre à la domination économique et sociale en divisant la
population. Il s’agit maintenant pour l’État de désigner des délinquant.es dès le
plus jeune âge et de les punir. L’objectif est de mater les classes défavorisées
dans une société où l’absence de perspective de vie épanouissante et la violence
des inégalités nourrit logiques de survie, frustrations rageuses et encore
régulièrement quelques sursauts de révolte collective.

Comptant sur un oubli du bilan désastreux des bagnes pour enfants et autres formes
D’enfermement du passé, l’État voudrait convaincre du bien fondé et de la modernité
des EPM. Nous affirmons pour notre part que l’on ne construira pas un monde plus
vivable en enfermant, brisant et torturant des individu.es. La prison instaure la
punition en système, elle existe pour préserver l’ordre établi. Elle est un
supplice qui, malgré tous les discours de rénovation et de réformes, reste
essentiellement dégradant et humiliant.

Face aux prisons, construisons des solidarités et des insoumissions

Provoquons ensemble la fermeture des prisons pour mineurs, CEF, et l'arrêt du
programme de construction de ces murs de la mort

Contre toutes les prisons !


 Entre les prisons réservées aux sans papiers, les prisons pour enfants et les prisons pour tous les autres, aujourd’hui et sans que cela fasse de remous parmi la magistrature, les éducateurs et le reste de la population, les enfants ont leur prison.

 Les mineurs trinquent et grâce à eux la machine à punir tourne bien.

Avant la prison tout un dispositif coercitif chapeauté par la protection judiciaire de la jeunesse et délégués aux associations fait travailler une tripoté d’éducateur, permet à des conseils d’administrations remplis de notables de se fabriquer une carte de visite et d’aller jouer la lèche dans les antichambres du pouvoir répressif et pour faire passer la pilule la pjj et les multiples associations complices  donnent à l’arsenal répressif l’image d’une action sociale aidante et éducative.

Qui peut y croire à part ceux qui veulent se donner bonne conscience !

 L’enfermement n’a jamais rien résolu à part démolir des hommes, des femmes, des enfants. Pourquoi, alors, poursuivre des programmes politiques d’enfermements toujours plus sévères ?

Serait ce tout simplement l’organisation d’une omnipotence orchestrée par une mafia politique et économique asservi à un système inégalitaire et corrompu permettant au passage un enrichissement pour les patrons du bâtiment, de la restauration collective, et du délire sécuritaire.

 Nous ne pouvons que constater une omerta organisée autour des 6 prisons pour mineurs. Il est très difficile de savoir ce qui s’y passe et ceux qui défendent l’enfermement ont un intérêt qui n’est pas le notre et certainement pas celui des enfants.

http://enfance-buissonniere.poivron.org/