Le nombre de centres éducatifs fermés (CEF) , de centres
éducatifs renforcés (CER) et d’étabilissement pénitentier pour mineur, est en
train de s’accroître.
Ce renouveau des structures d’enfermement des mineur.es
s’inscrit dans un
renforcement sécuritaire généralisé : création de nouveaux
délits et abaissement de
la responsabilité pénale pour les mineurs, peines plancher
et rétention de sûreté,
généralisation du fichage ADN et de la vidéosurveillance, du
contrôle biométrique
dans les écoles, harcèlement constant de la BAC dans les
quartiers populaires et
rafles d ‘étranger.es dans les villes... Tout cela se
mettant en oeuvre avec une
pression industrielle énorme puisque bon nombre
d’entreprises misent aujourd’hui
leur essor économique sur l’écoulement de produits high-tech
de contrôle social.
En plein boom depuis septembre 2001, omniprésente à la télé
et au centre de tous
les enjeux politiques, la propagande sécuritaire déchaîne la
peur des autres et
cherche à soumettre à la domination économique et sociale en
divisant la
population. Il s’agit maintenant pour l’État de désigner des
délinquant.es dès le
plus jeune âge et de les punir. L’objectif est de mater les
classes défavorisées
dans une société où l’absence de perspective de vie
épanouissante et la violence
des inégalités nourrit logiques de survie, frustrations
rageuses et encore
régulièrement quelques sursauts de révolte collective.
Comptant sur un oubli du bilan désastreux des bagnes pour
enfants et autres formes
D’enfermement du passé, l’État voudrait convaincre du bien
fondé et de la modernité
des EPM. Nous affirmons pour notre part que l’on ne
construira pas un monde plus
vivable en enfermant, brisant et torturant des individu.es.
La prison instaure la
punition en système, elle existe pour préserver l’ordre
établi. Elle est un
supplice qui, malgré tous les discours de rénovation et de
réformes, reste
essentiellement dégradant et humiliant.
Face aux prisons, construisons des solidarités et des
insoumissions
Provoquons ensemble la fermeture des prisons pour mineurs,
CEF, et l'arrêt du
programme de construction de ces murs de la mort
Contre toutes les prisons !
Entre les prisons réservées aux sans papiers, les prisons
pour enfants et les prisons pour tous les autres, aujourd’hui et sans que cela
fasse de remous parmi la magistrature, les éducateurs et le reste de la
population, les enfants ont leur prison.
Les mineurs
trinquent et grâce à eux la machine à punir tourne bien.
Avant la prison tout un dispositif coercitif chapeauté par
la protection judiciaire de la jeunesse et délégués aux associations fait travailler
une tripoté d’éducateur, permet à des conseils d’administrations remplis de
notables de se fabriquer une carte de visite et d’aller jouer la lèche dans les
antichambres du pouvoir répressif et pour faire passer la pilule la pjj et les
multiples associations complices
donnent à l’arsenal répressif l’image d’une action sociale aidante et
éducative.
Qui peut y croire à part ceux qui veulent se donner bonne
conscience !
L’enfermement n’a jamais rien résolu à part démolir des
hommes, des femmes, des enfants. Pourquoi, alors, poursuivre des programmes
politiques d’enfermements toujours plus sévères ?
Serait ce tout simplement l’organisation d’une omnipotence
orchestrée par une mafia politique et économique asservi à un système
inégalitaire et corrompu permettant au passage un enrichissement pour les
patrons du bâtiment, de la restauration collective, et du délire sécuritaire.
Nous ne pouvons que constater une omerta organisée autour
des 6 prisons pour mineurs. Il est très difficile de savoir ce qui s’y passe et
ceux qui défendent l’enfermement ont un intérêt qui n’est pas le notre et
certainement pas celui des enfants.
http://enfance-buissonniere.poivron.org/
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